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Au Mali une analyse du contexte a démontré que différentes formes d’exclusion affectent les groupes les plus marginalisés.

Exclusion sociale à cause du poids de la tradition mais aussi à cause des rigidités socio- culturelles, comme de croyance et tabous (les gens en situation de handicap sont particulièrement affectés et cela accentué par l’auto-stigmatisation). Estimée à plus d’un 1611.088 personnes soit 10% de la population global, les personnes en situation de handicap continue d’être mal perçue au sein de la société. Cette perception négative persiste encore (surtout en milieu rural à cause du faible niveau d’éducation) malgré les efforts entrepris dans le cadre de la solidarité entre les personnes en situation de handicap et l’engagement des associations de personnes en situation de handicap qui militent pour la défense de leurs droits.  Les inégalités sociales font que certaines catégories de femmes en risque d’exploitation d’abus et de violence sont considérées comme appartenant à l’échelle la plus basse de la société.  Elle est reléguée au fond de la maison pour se consacrer aux tâches les plus dévalorisantes. Elles reçoivent des salaires inférieurs au Salaire minimum inter garantie et accèdent difficilement aux services sociaux de base (éducation, santé y compris la santé sexuelle et reproductive).

Exclusion économique : la détérioration du tissu économique au Mali a amplifié l’exclusion économique des groupes cibles notamment les femmes et les jeunes. Les derniers groupes n’ont pas accès aux ressources économiques (la terre, les animaux et les crédits) et la formation qualifiante pour un travail décent.

La mauvaise perception sociale sur les handicapés contribue à leur exclusion économique. A part les services étatiques, rares sont les structures privées qui emploient les personnes handicapées. Les handicapés avec incapacités poussées n’acquièrent pas souvent du travail, qui concourt à leur vulnérabilité économique.

Exclusion spatiale : les personnes en situation de handicap sont limitées dans leur mobilité à cause de l’absence d’infrastructures et équipements adéquats au niveau des services et structures publiques. Pour les aides familiales, on constate une grande mobilité des campagnes vers les villes à la recherche du mieux être et les facteurs de production. Ce flux migratoire est alimenté pour la plupart par des jeunes filles âgées de moins de 18ans qui sont déscolarisées ou sans formation qualifiante.  Des leur arrivé en ville, elles se trouvent dans des conditions de précarité et d’exploitation et vivent dans des zones géographiquement à accès difficiles (quartier périphérique, bidon villes, les rues) Cette exclusion spatiale accroit leur niveau de vulnérabilité et les expose à plusieurs risques et manquements (viol, violence, abus et exploitation, délinquance) dans les sites urbains.

Exclusion politique : En plus de la constitution, le Mali est l’un des pays qui a ratifié la quasi totalité des conventions internationales et sous régionales sur les droits humains ; cependant une faible mise en œuvre ou application de ces engagements au niveau national surtout sur le plan législatif est notée. Ces insuffisances se traduisent par la faible représentation des groupes les plus marginalisés dans les organes et instances de décision au niveau communautaire, local, régional et national et cela malgré certaines dispositions de textes nationaux qui prévoient des avantages et autres aménagements en faveur des cibles (loi Oumou Ba, loi sur le quota etc.). Ou encore de loi électorale prévoyant des mesures particulières facilitant leur vote dans les différentes consultations électorales

Exclusion genre : Au Mali, le genre demeure un défi constant.  L’accès aux services sociaux de base ; la représentation au niveau des instances décisionnelles demeurent un sujet préoccupant.

Par exemple le taux d’achèvement des filles au primaire est encore inferieur suite à des pesanteurs socio culturelles (mariage précoce, les taches ménagères). De même, les femmes et les filles sont assujetties à des violences basées sur le genre qui les empêchent de jouir pleinement et équitablement des droits fondamentaux reconnus à tous. Tous ces facteurs contribuent à maintenir davantage les femmes vulnérables. Cette situation a été amplifiée par la crise institutionnelle et sécuritaire qui a vu de nombreuses violations des droits de l’homme.

Sur le plan législatif, les lois et les règlements en vigueur offrent les mêmes droits et les mêmes obligations aux hommes et aux femmes. On constate tout de même une faible application des  textes et  une faible représentation  des femmes dans les institutions et organes décisionnels au Mali reste faible selon le rapport du Centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant sur la représentativité des femmes aux postes de responsabilité dans l’administration publique 2014 sur les 147 députés seulement 14 sont des femmes (soit 9,52%) ; sur les 75 Conseillers Nationaux, (8%) sont des femmes ; elles représentent environ 1% des maires et 9% des conseillers municipaux. Le même constat est noté dans la représentativité des femmes au sein des instances nominatives des services publics.

Sur la base de l’analyse du contexte, le programme Voice au Mali focalisera son intervention sur trois des cinq groupes ciblés au niveau mondial :

  1. Les personnes en situation de handicap
  2. Les groupes vulnérables et discriminés selon leur âge, notamment les jeunes dans le secteur informel
  3. Les femmes en risque d’exploitation, d’abus et/ou violence notamment les aides familiales, les femmes du secteur informel.

Les projets finances par Voice doivent avoir un impact sur un ou plus des themes suivants :

  1. Accès amélioré aux ressources (productives) (finance, l’eau et la terre) et l’emploi.
  2. Accès amélioré aux services sociaux, la santé et l’éducation en particulier.
  3. L’espace pour la participation citoyenne inclusive

Les organisations sont encouragées à développer des approches synergiques et inclusives qui tiennent compte des trois thématiques d’impact et des besoins des autres groupes. Les applications de consortium sont vivement encouragées.

Voice examinera les applications provenant des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou Mopti et le District de Bamako avec une emphase sur les questions du mariage précoce, l’accès aux services de santé, de l’éducation.

Toutes applications en provenance d’autres régions ne seront pas examinées.

Prière de trouver quelques suggestions pour les projets potentiels axés sur les 3 groupes :

  • La mise en relief des approches novatrices et inclusives en communication et en mobilisation sociale pour un éveil de conscience dans une perspective d’influencer les perceptions et les changements de comportements.
  • La promotion et la participation des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap à tous les niveaux de mise en œuvre des activités.
  • Une démonstration que les avantages générés par le projet sera largement concentré sur les groupes cibles

Le programme Voice a été lancé par son Excellence Monsieur l’Ambassadeur des Pays Bas au Mali le 26 Janvier 2017. Coordonné au Mali par le bureau de Oxfam, Voice est exécuté au niveau mondial en partenariat avec Hivos et finance par le Ministère des Affaires Etrangeres neerlandais.   Ce programme quinquennal (2016 – 2021) cible les groupes les plus marginalisés et discriminés dans dix pays à revenu faible, inférieur et moyen en Afrique et en Asie.

Aucune personne indépendamment de l'origine ethnique, du sexe, de la géographie, du handicap, de l'orientation sexuelle, de la race ou d'un autre statut - ne devrait être privée des droits humains universels et des possibilités économiques fondamentales. Voice donnera aux personnes délaissées la possibilité d'avoir leur mot à dire dans les politiques qui devraient faire de cette ambition une réalité.

Le programme Voice au Mali vise les groupes les plus marginalisés et discriminés  à travers une approche novatrice, inclusive à se faire entendre et entreprendre des changements qualitatifs dans leur vies.